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Chanter dans la joie et la bonne humeur est notre devise.
Nous avons une année pleine de projets: mise en scène de notre répertoire par la compangie Torrentciel , avec au bout une création lors du festival de Préguillac, un conter pour la journée du 17 o
L’idée d’écrire une messe sur des thèmes de chansons profanes, en latin ou en toute autre langue, n’est nullement originale : entre la « Messe de l’homme armé » de Josquin des Prés et les récentes messes québécoise et bretonne de Pierrick Houdy, sans oublier bien sûr la célèbre « Misa Criolla » d’Ariel Ramirez, les exemples de semblables fréquentations abondent depuis des siècles, en France comme ailleurs. Parfois même, le caractère profane des chansons utilisées pour porter les textes sacrés est si marqué que leur choix prend des allures de provocation et confine à la profanation. Plus nouvelle est peut-être l’utilisation dans la présente Missa Gallica, non pas d’un thème unique pour l’ensemble de la messe, non pas même d’un thème différent d’une séquence à l’autre (Kyrie, Gloria, etc.), mais d’autant de thèmes que de versets à l’intérieur de chaque séquence, soit de plus de trente titres de chansons populaires françaises – dont on trouvera plus loin la liste complète. Assez neuve également à ma connaissance est une orchestration mélangeant très librement instruments anciens, classiques et traditionnels. Le danger d’une telle profusion de thèmes est évidemment qu’elle puisse créer l’impression d’un pot-pourri de chansons populaires. On jugera si je suis parvenu à l’éviter, ayant cherché l’alliance aussi naturelle que possible entre les thèmes choisis et les textes portés, et recouru aux ressources des vieux modes musicaux, si subtilement et mystérieusement liés entre eux, pour tenter d’obtenir la plus grande unité musicale en dépit de cette diversité. Tout au long de mon travail j’ai ressenti fortement l’affinité profonde qui existe entre bon nombre de nos chansons populaires et le phrasé grégorien. Plus d’une fois j’ai éprouvé l’impression troublante de rapprocher la chanson populaire de ses origines et de la rendre à sa destination première, refaisant en quelque sorte, à l’envers, son processus de folklorisation. Après cette expérience singulière, ce dont je suis aujourd’hui plus certain que jamais et qui ne fait qu’accroître encore mon respect et mon affection pour la chanson traditionnelle, c’est que les hommes, pour chanter leurs amours terrestres, leur joie de vivre ou leur peur de mourir, bref, pour chanter ce que chantent essentiellement nos vieilles chansons, n’ont pas utilisé d’accents vraiment différents de ceux qu’ils avaient trouvés pour louer Dieu, implorer sa miséricorde et chanter son Amour. Où l’on voit que ce qui est bon pour Dieu est bon pour l’homme, et inversement.
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